mardi 28 octobre 2008

Grande théière

La pièce dans laquelle j'ai l'habitude de préparer du thé est orientée Nord-Ouest. La lumière du soleil n'y pénétre donc pour ainsi dire jamais. Sauf... quand mes voisins d'en face entre-ouvrent leurs fenêtres: par un effet mirroir, cela me renvoie le soleil juste dans ma tasse de thé! Plaisant...
Cela m'a permis de prendre quelques belles photos. Je les ai prises il y déjà plusieurs semaines, mais je trouve qu'elles font un bel écho à celles postées par Lionel. Le soleil bas de l'automne le rend plus apte à pénétrer nos habitations...
Récemment, je me suis remis à utiliser une grande théière de porcelaine pour préparer du thé. Depuis quelques années, je me la jouais "fondamentaliste" du gong fu cha : micro-théières fabriquées avec des terres super techniques, zhong, balance , chrono, bloc-notes... Je voulais me la faire "puriste". Matin, midi et soir, et même la nuit, parfois. La grande théière s'est donc vue reléguée, mise au ban, considérée comme une abération, un produit de l'incompréhension du colonisateur, une hérésie... bref, totalement infréquentable.
Et puis, là, j'ai eu envie d'y revenir pour plusieurs raisons... Envie de retrouver un rapport au thé plus simple et premier, de le reconsidérer comme une boisson ordinaire, plaisante, bienfaisante tant sur le corps que l'esprit.
Une simple boisson. Et plus essentiellement un incroyable objet de contemplation esthétique et sensuelle tel qu'il l'est devenu pour moi... Envie aussi de retourner aux sources de mon amour pour cette boisson, qui est bien antérieur à ma pratique du gong fu cha...
Y revenir encore pour des raisons plus pratiques. Ne plus passer un temps dingue chaque jour à infuser dix fois les mêmes feuilles, à refaire dix fos les même gestes pour boire quelques centilitres de thé... (avez-vous déjà osé comptabiliser le temps passé sur une session sérieuse de gong fu cha? Cela fait une bonne partie de la journée). Une autre raison pratique, et plus terre-à-terre, est de consacrer un peu moins d'argent au thé en buvant (un peu) plus souvent des thés bons marchés qui passent quand même mieux en grande théière qu'en gong fu cha...
J'ai donc demandé à mon revendeur favori de me conseiller quelques thés bien adaptés à ce mode de préparation... Mais en fait, je n'ai même pas trop regardé, j'ai choisi tout ce qu'il y avait de moins cher sur la carte. J'étais très curieux de voir comment seraient leurs thés les moins chers... Quelques rouges (chinois, bien évidemment) et un vert.
Et franchement, je suis agréablement surpris par ces thés pour grande théière: assez complexes et délicats sur les parfums, très équilibrés en bouche, tant au niveau des sensations que des saveurs, de la plénitude, de la rondeur... Bref, comme boisson courante, cela me satisfait plutôt. Mais, c'est évident qu'on est très loin de l'expérience donnée par certains Wulongs préparés en gong fu cha... Cependant, c'est rapide et facile à préparer (même si je dois un peu réapprendre à faire le thé avec une grande théière - je n'ai plus aucun repères concernant les paramètres! je dois tout redécouvrir...).
J'ai également fait quelques Wulongs (entrée de gamme de Dan Cong, rochers, tie guan yin...) en grande théière. Le résultat est aussi très intéressant. C'est très complet et "plein" au niveau de la liqueur, il y a beaucoup de "gras". La présence des notes de fonds "lourdes" est accentuée, le coté "saveurs" prend un peu le dessus sur les parfums les plus délicats, mais l'expérience est intéressante. On a toutes les données du thé en même temps. J'ai aussi remarqué qu'avec ce genre d'infusion on avait aussi une très belle persistance en bouche de la liqueur...
Pendant longtemps, j'ai eu tendance à penser que le gong fu cha avait un meilleur rendement, qu'il permettait d'infuser plus de thé avec une certaine quantité de feuille. Après expériences, il me semble que ce ne soit pas aussi évident que ça de donner la priorité au gong fu cha sur ce point... je dirais que pour les thés peu complexes et/ou qui s'épuisent très vite après quelques passages, ce n'est pas la peine de s'emmerder à les faire en gong fu cha.
Concernant les thés verts, revenir vers des thés plus simples m' a fait prendre conscience que je les appréciais "plus" que les thés verts "haut de gamme"... Avant de plonger dans le monde fascinant et complexe des Wulongs de qualité, je buvais surtout des thés verts, c'est donc une famille que je connaîs bien et que j'ai beaucoup fréquenté... Quand j'ai commencé à m'intéresser de manière sérieuse au Wulongs, je me suis de plus en plus désinteréssé des thés verts. Je préfère très clairement la caractère plus intense et franc des wulongs, leur incomparable mâche. Le côté raffiné, subtil, léger, délicat des thés verts de haute qualité fait que très rapidement ce genre de thé m'ennnuie. je n'arrive plus jamais à finir un paquet de thé vert avant l'arrivée des nouvelles récoltes... En fait, je les trouve trop insipides, pas assez présents, pas asssez francs. Oui, c'est fin, complexe, subtil et délicat... mais je n'acroche plus à ce genre d'expérience. Ca me plait pour 3 ou 4 dégustation, puis: Bof!... Pourtant, les thés vert ont un côté frais et désaltérant que j'apprécie beaucoup. L'achat d'un thé vert très bon marché (un Bi Yun Tian) m'a un peu reconcilié avec cette famille de thé. Curieusement, je trouve ce thé vert à une dizaine d'euros bien plus plaisant à boire que certains bien plus couteux que j'ai dégusté dernièrement: ce n'est pas réellement complexe ou très subtil, mais c'est frais, c'est rafraichissant, c'est franc avec une présence en bouche assez marquée, c'est bien fait, équilibré... Comme boisson courante, ça me plait.
Voilà mes impressions concernant les grandes théières... Un peu de bla-bla sur ce blog après tout ces posts (paresseux) de photos!
Je vous rassure, si besoin, que je ne suis pas prêt à arrêter les gong fu cha pour autant (je continue à en faire au moins un par jours). J'essaie simplement de ré-aménager dans ma vie une place pour une "autre" pratique du thé. Plus simple, plus fonctionnelle, plus pragmatique, tout en étant agréable quant aux résultats.
*

Brumes matinales dans les vallées du Yunnan

Parmis les nombreuses choses qui me fascinent dans la nature, je mettrais en bonne position l'univers minéral. Rochers, cailloux, gallets, minéraux, fossilles... tout cet univers, fruit de la spontanéité créatrice de la nature, m'a toujours interpellé, par sa beauté et sa dimesnion artistique...
Un bel exemple de ce caractère artistique sont les "pierres de rêves", des marbres dans lesquels la main de l'Homme a mis en évidence des représentations de nature. Vous pourrez trouver plus de renseignements à ce sujet en consultant ce site, où il y a aussi quelques exemples assez beau de "pierres de rêves".

Théière: le souci du détail (2)





Quelques vues détaillées de la théière que j'ai déjà présentée précédement. Je ne me lasse pas de ses belles courbes...
Dans le flou de l'arrière fond, des photos de rochers prises sur les rives du Saint Laurent.

lundi 27 octobre 2008

mardi 14 octobre 2008

Amateurs de thé chinois: le blog

Juste un petit mot pour vous inviter à jeter un coup d'oeil sur ce blog en anglais que je viens de découvrir. Je n'ai pas encore pris le temps de le lire mais il à l'air très intéressant, surtout qu'il semble utiliser des informations de première main vu que son auteur, WILL SLACK, se trouve en Chine...

http://amateursdethechinois.blogspot.com/


Voilà... et tant que j'y suis à donner des liens, n'hésitez pas à consulter les articles du magazine en ligne (gratuit): THE LEAF

http://www.the-leaf.org/

Deux Dan Cong

Ba Ye Dan Cong 3


Yu Lan Xiang
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Je trouve que les feuilles de dan Cong sèches sont bien souvent très jolies à regarder... longues et torsadées... j'aime beaucoup leurs reflets mauves, bleutés, bruns...
Le premier et plutôt fruité (exotique) et frais, mais avec tout de même quelques notes très subtiles de fleurs (quelques effluves de chevrefeuilles m'ont quelquefois chatouillé les narines, mais quelquefois seulement...) , le second plutôt fleuri et moelleux, un rien sucré, très doux, onctueux, avec une amertume très peu marquée, très en finesse, beaucoup de subtilités, presque inépuisable...
Voilà, je n'en dis pas plus...
Il y des choses à vivre plutôt qu'à dire...
Aujourd'hui, je ressors quelques photos de mes archives de dégustation... Petit moment de paresse, pas de commentaires trés recherchés ou élaborés... D'autant plus que j'ai fait ces dégustations il y a plus de 6 mois et mes souvenirs ne sont plus très précis.

Galette Meng Ku Xue 2007





Une des galettes Maison des Trois Thés de 2007, dont je n'arrive jamais à me souvenir du numéro... un travail de ceuillette très fin et étonnement soigné, très séléctif sur la beauté et la qualité des feuilles... cela se voit sur les photos... Mais cela se ressent surtout à l'infusion. Une de mes galettes préférées dans la catégorie des jeunes Puer (que j'apprécie de moins en moins...)

Qi Lan




Un thé très sympa et pas couteux du tout... à Découvrir!

vendredi 26 septembre 2008

Flânerie pré-automnale





Les premières touches annonciatrices de l'automne qui s'approche... les surpenantes couleurs des myrtillers, les jeux de la lumière jaunâtre de la fin de l'été sur les feuillages...



Les perles de la rosée matinale sur les délicats pétales de roses aux superbes parfums....






Les brumes matinales et les belles odeurs fraiches qui montent de la terre...




Et finalement, la lumière de l'astre...


Voilà pour le moment! Les dégustations de thé continuent dans le silence et la contemplation...

mercredi 10 septembre 2008

Kung Fu Cha # 1



Prochainement, je vais passer quelques jours durant lesquels je n’aurai pas la possibilité de faire du thé dans des conditions optimales (entendez : sans mes théières favorites ni avec mes meilleurs thés). Rien que d’y penser, cela m’ennuie déjà. C’est vous dire à quel point je suis accro… Bon, cela me fera du bien un peu de repos, ainsi que de revenir à des choses plus simples.

Face à cette perspective, j’ai eu envie de me faire une dégustation qui soit vraiment mémorable : un très grand thé préparé dans les conditions les plus rigoureuses, et avec un dosage un peu hors normes par rapport à mes habitudes … L’idée m’a trotté dans la tête toute l’après-midi : que faire et comment ?
Alors plutôt que de passer ma soirée à faire du Qi-gong dans mon école de Kung-Fu du Dragon d’Or, j’ai préféré rentrer chez moi pour m’adonner à un tout autre genre de Kung-Fu…

Aussi, il faut que je vous dise que, pour l’instant, je suis en pleine recherche technique concernant ma pratique du Kung-Fu Cha : quels sont les meilleurs paramètres pour réussir un thé en Kung Fu cha ? Quelle quantité mettre et la laisser infuser combien de temps ?Quel est le bon équilibre entre la quantité et les temps ?
J’ai décidé de m’attaquer méthodiquement à cette question pour trouver les paramètres qui me satisfont le plus, ou du moins observer comment un thé se comporte sous une certaine configuration de paramètres… Ces derniers temps, je ne fais plus de compte-rendus analytiques mais je « travaille » sur le thé un peu comme un scientifique dans un laboratoire : j’essaie 4, 5, 6, 7, 8 grammes d’un thé avec certaines durée, ensuite, je réessaie les mêmes quantité avec des temps sensiblement différents, plus long ou plus court.
Finalement, cela est assez amusant à faire. Et cela suscite plein de questions : est- ce que deux liqueurs de concentration identique obtenues avec des paramètres différents auront-elles des caractères identiques, et en quoi vont-elle différer ? Je tenterais de vous présenter mes résultats dans quelques temps…

Par ailleurs, j’ai souvent entendu dire que la « véritable méthode authentique » du Kung Fu Cha, telle qu’elle se pratique dans le Fujian et le Guangdong, utilise une très grande quantité de thé - en gros, pour des feuilles torsadées on remplit au minimum les deux tiers du récipient d’infusion. D’autres part, je constate aussi que certains amateurs de thé qui tiennent des blogs, comme MarshallN, Cloud, ou encore Toki, utilisent tous des dosages assez importants… Je vous conseille d’ailleurs de jeter un oeil sur les récents articles de Toki ( My favorite teablog in english) et sa méthode de dégustation détaillée par le Kung Fu Cha ("what is detail tasting?", il vous faudra lire d'autres articles plus anciens pour réellement comprendre…). Voir aussi le très intéressant blog de Phyll qui a aussi essayé l'expérience de Toki






Bref, en rentrant chez moi, j’étais très partant pour tenter une « expérience de l’extrême » en utilisant un très gros dosage… Juste pour voir… Mais franchement, je n’avais pas trop d’idée précise sur la dose à mettre pour avoir un « gros dosage »…


Comme j’avais le goût pour un bon Yan Cha, je me suis dirigé vers une boite de Da Hong Pao n° 5 millésime 1996 de la Maison des Trois Thés. Ma dernière boite de « Rochers ». Un fond de boite d’ailleurs ! Je pèse le contenu : 13 grammes…
Mouais, comment diviser cela en deux parties? J’ai l’habitude de doser entre 6 et 7 grammes pour ma théière de 12 Cl, mettre 8 ou 9 grammes me laisse une dose bien trop petite pour faire quelques chose de sympa la prochaine fois, et c’est se condamner à finir cette boite de thé d’une manière qui ne me laissera sans doute pas un très bon souvenir (en plus, que ce thé ne m’avait pas trop emballé, du moins si je le compare aux autres DHP de cette Maison…)

Face à cette équation peu soluble, je me suis finalement décidé à mettre ces 13 grammes de thé dans ma petite Yixing de 12 cl….

Et , très franchement, je ne l’ai pas regretté un seul instant !!!

Le résultat est superbe. Des infusions très détaillées et analytiques, puissantes et pures, une très belle et longue présence en bouche… J’ai pu percevoir certaines subtilités de ce thé que j’avais jusqu’ici ignorées.
Quatre années que je tente de pratiquer le Kung Fu Cha avec une certaine satisfaction, mais je crois qu’aujourd’hui je viens de comprendre un truc…

Avec un tel dosage (et une telle qualité de thé) les infusions sont inépuisables en nombres… A l’heure où j’écris ces ligne, je suis bien loin d’en avoir fini…

Encore une petite précision pour finir ce billet: il va de soi que pour réussir ses infusions avec un tel dosage, il est necesssaire de faire les premières infusions ultra-courtes. On remplit la théière, on dépose la bouiloire, on vide la théière. C'est très simple en fait. Même pas besoin de compter...
Aussi, il est nécessaire d'utiliser un thé de très haute qualité pour que la méthode donne tout son bénéfice. J'avais fait un essai précedement avec un Shui Xian 1 et le résultat ne m'avait pas emballé... Comme cette technique met en évidence la complexité et les subtilités, il faut un thé qui ait une certaine complexité à offrir...


Cette expérience m'a aussi rappelé un billet de Christophe-Jeancarmet dans lequel il nous expliquait que le Kung Fu Cha c'est très simple: " c'est à fond et à fond! Point" !!!


lundi 1 septembre 2008

Xishi

Voilà les photos toutes fraiches, faites il y a quelques minutes, montrant ensemble mes théières de forme Xishi... La Taiwanaise de Yang Wen Ji rencontre sa cousine Chinoise...


La forme de théière appelée "Xishi" est une des plus courante. C'est une de mes préférées.
A la fois moderne et intemporelle, simple et fonctionnelle, je trouve que c'est une des formes les plus réusssie parmis les formes "classiques" des théières.
Ce qui est intéressant ici, c'est de voir que la reproduction d'une "forme classique" n'interdit pas la créativité du potier. Au contraire, il y a une place pour le tour de main de l'artiste qui va donner une personnalité unique à la pièce réalisée.
On peut comparer la réalisation des détails de ces théières: les courbes du corps, l'arrondit de l'anse, le bec verseur, la boule du couvercle... chacun de ces détails essentiels témoigne d'une individualité et donne un caractère singulier et attachant à la pièce.
J'ai aussi mis sur une des photos une troisième xishi, celle-là faite en grande série, d'une manière qui doit, je suppose, être assez industrielle vu le nombre d'exemplaires de cette théière qu'on peut voir sur la blogosphère... Elle n'a pas le même charme, cela se voit tout de suite, c'est un peu comme voir une Ferrari garée à coté d'une bagnole ordinaire...
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vendredi 29 août 2008

Théières: le souci du détail...











Les théières de potier ont toutes un petit je-ne-sais-quoi qui les rendent uniques et tellement attachantes, fascinantes, séduisantes...
Celles qui sont abordables sont pourtant loin d'être parfaites dans leur éxecution, mais il y a dans ces théières un souci pour le détail qui témoigne d'un travail artisanal fait avec amour...

P.S.

Le dragon de l'avant dernière photo se trouve dans le fond intérieur de la dernière théière. C'est le genre de détails, un peu secret, qui me plait bien... Pourquoi mettre un dragon à l'intérieur d'une théière ??? Faut-il y voir une quelquoncque symbolique liée au Dragon et/ou des raisons performatives à caractère magique...

mardi 12 août 2008

Carré de Pu Er n° 4 de 1985



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Quelques feuilles de ce carré 1985 après infusions dans une toute petite yixing de 7 cl.
C'est très beau, je trouve, de voir ces feuilles dans cette assiette bleue aux bords couleur de vieux Pu Er...

Et même après une dizaine de passages cela sent toujours la forêt après l'averse, les pierres mouillées et la mousse humide...
Dommage, qu'aujourd'hui que de tels produits soient devenus introuvables...

J'ai fait cette dégustation (et pris ces photos) il y quelques mois.
Je n'avais pas pris de notes, donc pas d'autres commentaires mais j'y regouterai sans doute prochainement, alors peut-être...

"Pas encore de commentaires! comment ça! Quel feignasse..."
Ben oui, de moins en moins, je ressens le besoin de prendre des notes en dégustant... juste simplement profiter du beau moment que m'offrent quelques feuilles de thé, le vivre tout simplement, puis en garder un beau souvenir de ces senations quelque part dans ma mémoire... puis, pouvoir renouveller l'expérience dans le futur (jusqu'à épuisement du stock) et y découvrir de nouvelles choses... Que demander d'autres, après tout?
Prendre quelques photos pour garder une trace visuelle de l'expérience, la faire partager à ceux et celles qui aiment se rincer l'oeuil en parcourant les blogs de thé...
Voilà... tout simplment!






P.S.

Ces derniers temps je n'ai pas bu beaucoup de Pu Er, mais, bizarrement j'y pense très souvent, puis au dernier moment, je pose la main sur une boite de Wulong torréfié. Comme j'y pense souvent, j'ai eu envie de faire un post avec du Pu Er.







UPDATE


Suite à la description de ce thé postée par Flo, j'ai eu envie de le regoûter ce matin... Merci Flo!


Paramètres: 3,5 gr dans cette théière d'environ 7 cl.


Temps: rinçage 30", 20", 15", 13", 15", 20", 50" (distraction, sans conséquences), 1', 1' 30", 2'30", 4', 6', etc.


Les feuilles sèches dans la théière: effectivement, des notes qui rapellent les bois odorants (santal, cade, vieux meubles en bois précieux...). Odeurs riches et complexes. Faire référence à un bois précieux, c'est déjà évoquer tout un univers lui-même très complexe: c'est à la fois épicé, sucré, terreux-minéral, fruité...


A l'infusion, on a, au départ, quelque chose de très "vif " et d' "épicé" qui fait, effectivement un peu penser à du gingenbre. C'est aussi un rien "poivré", ou une sensation de ce genre (sans la "piquant" évidement). On retrouve aussi, bien entendu, les notes des feuilles sèches: le complexe "bois odorants", les vieux meubles en bois précieux... On a aussi une saveur amère qui me fait penser à celle de l'écorce verte fraichement retirée d'une branche d'arbre. Mais c'est une amertume que je trouve plaisante, au sens où elle est très délicate et enveloppée de rondeur, d'une espèce de moelleux de fruit mur. De manière générale, il y beaucoup d'équilibre dans ce thé. J'y perçois aussi une dimension "brute" et "sauvage" liée à cette légère amertume, je la qualifierai de "minérale" ou "rocailleuse" ( on retrouve d'ailleurs souvent de petits cailloux égarés dans ce carré, des graines aussi...). Une odeur de nature... Je pense à la fois à la pierre sèche chauffée par le soleil et à la pierre mouillée par l'averse. Ce coté frais (averse, pierre mouillée...) se rattache à la dimension camphrée, qui est le fond aromatique typique des bons Pu Er. En évoluant, le parfum épicé-poivré me fait penser à certaines mousses sèches de sous-bois ou des troncs d'arbre. En arrière-fond et sur l'évolution, il y a aussi une odeur un peu vanillée que l'on perçoit surtout dans le pot de reserve vide.


Ce thé a une belle évolution en bouche. Il reste longtemps présent, évolue, se transforme. Certaines notes reviennent après quelques minutes, tournent en bouche. C'est très agréable. Faut prendre son temps. Laisser le thé prendre possesion...


Le thé évolue aussi très bien au cours des multiples infusions. Il gagne en amplitude et en complexité sur les infusions 3,4, 5, 6, 7. Il devient surtout plus "fruité" et moins "raide" qu'au départ. Ce qui laisse plus de lattitude aux notes subtiles pour s'exprimer: le fruité mûr, la vanille, la mousse d'arbre, le sucré... Les notes épicées et de bois odorants restent présentes tout au long des infusions mais deviennent de plus en plus douces et sucrées. De manière générale, le thé devient de plus en plus doux et fin au cours des infusions, jusqu'à s'épuiser et devenir une eau fraiche légèrement sucrée...





mardi 5 août 2008

Dong Ding n°2 de Taiwan







Quelques photos non commentées de mes chouchous du moment: des thés taiwanais de fabrication traditionnelles. Tous proviennent de la Maison des Trois Thés. Des oolongs taiwanais tel que je les aime, avec beaucoup de caractère, de la personnalité, de la finesse, du raffinement... Je ne m'en lasse pas.

Je souhaiterai insiter un peu sur le caractère "traditionnel" de ces thés. ils sont, en effet, nettement plus oxydés et torréfiés que ce qu'on trouve couramment en provennance de Taiwan. Les photos le montrent bien. Cela s'en ressent au niveau du brevage.

Concernant cette version de Dong Ding , c'est plein et miéllé, fruité et frais. Très présent et complexe. C'est, de mon point de vue, assez "sauvage", au sens où ce thé me fait principalement penser aux baies sauvages des lattitudes nord ou de la haute montagne... Cela avec un caractère confituré. Je perçois dans ce thé trois pôles: épicé, miéllé, fruité. Il y a aussi un rien de notes boisées très légères (osier). De la prune... d'autres choses encore, peut-être? Quelque chose de "patissier" mais j'ai un peu de mal à préciser... Mais, bon, comme vous le savez surement une description analyitique (ou plutôt une tentative) ne rend jamais vraiment justice à un thé.... Au niveau texture, c'est fin mais avec de la présence et de plénitude. Il y a des aspèrités, une source de séchersse en bouche, mais elles sont contrabalancées par un "onctueux" (c'est assez étrange, en fait...). Suivant les options choisies pour le Gong fu cha (temps/dosage), il est possible que les aspérités se manifestent de façon plus marquées (et donc aussi de façon plus désagréable). Ici l'usage d'une théière de qualité va aussi jouer un rôle non négligeable (c'est une évidence!). D'une manière générale, c'est très équilibré entre les arômes et les saveurs, entre le nez et la bouche. Et c'est sans aucun doute cette qualité qui me fait apprécier ce thé.

Pour moi, ce Dong Ding a le "vrai goût authentique" du Dong Ding - mais cela, ça dépend de l'imaginaire de chacun...
Il va sans dire que, comme tout les produits de ce fournisseur, la torréfaction est parfaitement maitrisée. Une référence, un étalon, en quelque sorte. Elle se fait presque ignorer tant elle se manifeste par ses bienfaits (et non par ses inconvéniants: ce n'est pas comme certains Dong Ding ou Gao Shan torréfiés de certains fournisseurs qui sentent la bouffe pour poissons d'aquarium, quand ce n'est pas le charbon ou le caramel brulé, ou parfois même les fleurs fânées...)

Mecredi 6 aout:

Je me suis refait une petite dégustation de ce thé en début de soirée... et je me disais qu'il est au-delà du descriptible à certains égards, en particulier cette manière qu'il a de prendre possession de toute la bouche... Il y aussi la manière dont sa matière est "architecturée", cette liqueur est une vraie construction en plusieurs dimensions qui occupe toute la bouche... Belle construction, équilibrée. La marque de fabrique des "grands thés". On pourrait dire la même chose du Shui Xian (surtout) et du TGY de Taiwan...

Shui Xian de Taiwan



Commentaires publiés prochainement.... Mais si vous connaissez ce thé et que vous vous sentez inspirés pour en dire un mot, n'hésitez pas à poster un commentaires...


Tie Guan Yin de Taiwan


Commentaires publiés prochainnement.